A situations nouvelles, quelles réponses nouvelles ? 

A situations nouvelles, quelles réponses nouvelles ? 

Table ronde

Le mardi 4 juin, le Service diocésain de la Catéchèse et du Catéchuménat (SDCC) a rassemblé plus de 100 participants à une soirée « Table ronde » pour approfondir le thème de la conférence d’avril dernier, donnée par Enzo Biemmi sur le thème « Le défi de la première annonce. Une conversion missionnaire de la catéchèse ? »

En introduction, l’abbé Olivier Windels, responsable du Service, a présenté ses convictions « majeures, partielles et partiales » tirées de cette conférence, de manière à rafraîchir la mémoire des auditeurs de la conférence et à en transmettre la substantifique moelle aux autres :

  • Nous vivons dans une zone et dans un temps de déculturation de la foi ; c’est la fin d’une foi « par convention ». La catéchèse ne peut dès lors pas se contenter de cultiver une foi sensée être déjà là ! Elle doit être annonce (Rm 10,13-14).
  • Le modèle ancien de la transmission de la foi mettait en jeu d’autres lieux (d’autres cercles) aujourd’hui défaillants. La catéchèse (les catéchistes ?) risque l’implosion si elle est surinvestie : elle ne peut, à elle seule, porter le poids de l’annonce de la foi. Le problème de la transmission est un problème ecclésial global et non exclusivement catéchétique.
  • Pour définir et mettre en œuvre une nouvelle modalité d’être « Église au monde », de réelles conversions sont donc à faire et elles ne sont pas de surface. Trois changements de direction : des communautés missionnaires, une initiation chrétienne du type catéchuménal centrée sur les adultes, une catéchèse qui propose la foi et accompagne sa naissance (initium fidei).
  • Chez nous, la première annonce est souvent une « deuxième première » annonce : elle doit prendre acte d’un passé qui continue à habiter les consciences et les cœurs, et des autres canaux qui influencent les mentalités : l’annonce ne parvient pas en terre vierge.
  • Nous sommes appelés à gérer la transition : soutenir d’une main l’arbre qui tombe et s’occuper, de l’autre main, de la forêt qui pousse, entretenir en même temps qu’engendrer avec une sagesse audacieuse.

C’est peu dire que la question intéresse de nombreux acteurs pastoraux de notre diocèse ! L’invitation avait été lancée en indiquant les cinq sujets possibles des tables rondes : première communion, profession de foi, jeunes, adultes, pastorale d’ensemble. Ce qui a permis à tous ces acteurs de se sentir concernés –par un ou plusieurs thèmes. Les participants se sont répartis de manière équilibrée autour d’une douzaine de tables, chacune animée par un membre du SDCC ou du CDF.

Trois questions ont été successivement posées aux participants, invités à répondre de manière individuelle : une méthodologie originale et rigoureuse a favorisé l’expression de tous, la créativité et la réflexion.

Première étape : Quels sont les deux adjectifs que je retiens de cette situation nouvelle de l’évangélisation ? Deux tours de table pour recueillir les mots notés par les participants sur de petits papiers blancs, ensuite déposés sur la table, de manière proche ou éloignée, pour exprimer le lien ou l’absence de lien entre ces mots.

Deuxième étape : De quelles initiatives ai-je connaissance, porteuses d’avenir, répondant à la situation nouvelle ? Ces initiatives sont mises en rapport avec les adjectifs récoltés plus tôt.

Troisième étape : Quelle piste nouvelle puis-je proposer ? Faisons preuve d’audace, la question du réalisme viendra ensuite !

L’un des grands intérêts de cette soirée était de mettre autour de la table des personnes rassemblant de nombreuses richesses par leur origine géographique, leurs intérêts variés, leurs engagements pastoraux, leur âge. Les cinq thèmes permettaient en effet de se sentir concerné dans tous les cas de figure ! Il était manifeste que la formule était séduisante (il suffisait de voir l’attention mutuelle des participants aux propos échangés) et que les acteurs étaient, et sont encore, en demande de créativité, de bonnes idées et d’expériences –le tout basé sur une réflexion profonde et de qualité comme l’est celle d’Enzo Biemmi, qui ouvre sur des réalités bien plus larges que celles auxquelles nous sommes généralement confrontés.

Très réalistes, les organisateurs de cette soirée avaient bien prévenu qu’on n’aura pas fini de refaire l’Église et la catéchèse en un soir et que le SDCC proposera des suites en fonction du dépouillement des papiers des trois couleurs !

En effet, la prochaine étape de cette mise en route des acteurs pastoraux sera faite par le SDCC : compilation de toutes les contributions (adjectifs, initiatives déjà en cours, propositions pour l’avenir) et envoi aux participants, pour favoriser la suite de la réflexion sur le terrain.

Et, sans aucun doute, une ou plusieurs autres initiatives du SDCC pour continuer à concrétiser les pistes évoquées lors de cette soirée.

Merci à tous les organisateurs et à tous les participants !

 

Anne-Elisabeth Nève

 

Quelques photos de la soirée

Télécharger le fichier pdf Tableau-synthèse des différentes tablées